Prémonitions (2)

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Partie 1 en cliquant Ici 

Une semaine donc après ce premier incident, j’étais en train de travailler tranquillement dans mon bureau. En déposant les dossiers à mon boss pour signature, j’eus une autre prémonition.

Je savais qu’il essayait désespéramment avec sa femme d’avoir un enfant, après plus de 5 ans de mariage. Une dernière tentative avait été faite et sa femme devait avoir les résultats de ses analyses ce jour-là. Selon ma prémonition, sa femme serait finalement en ceinte! C’est dur à expliquer mais je la voyais, assise sur une chaise, dans une cuisine vraisemblablement, téléphone à la main. Elle composait nerveusement le numéro avant de raccrocher, bien avant d’entendre la tonalité. Elle voulait lui annoncer la nouvelle, mais en face à face et non à travers le téléphone. Elle était toute excitée et attendait impatiemment le retour de son mari, alors qu’il n’était qu’à peine 14h…

« Monsieur, vous avez l’air fatigué, tout va bien?

– Euh oui, oui c’est bon!

– Vous savez, ces dossiers ne sont pas urgents et peuvent attendre demain. Vous n’avez aucun rendez-vous non plus. Vous pouvez aller chez vous l’après midi pour vous reposer un peu.

– Vous pensez?  euh oui, oui … je pense que ça me fera du bien. Merci Sara. »

 A vrai dire, je savais qu’il était inquiet aussi vu qu’il n’avait pas encore reçu d’appel de sa femme… Encore une fois, j’ai agi instinctivement, sans trop y réfléchir, le poussant un peu plus tôt vers une très bonne nouvelle!

Cependant, je ne pouvais expliquer cette vision ni le sentiment de certitude qui l’accompagnait et le lendemain fut vite là pour la confirmer!

Dès que cette deuxième intuition fut confirmée, d’autres suivirent assez rapidement.

Elles concernaient toutes des personnes de mon entourage ou que je connaissais vaguement: mes collègues, même ceux auxquels je ne disais que le  « bonjour » occasionnel en passant, la concierge de l’immeuble, le boulanger du quartier chez lequel je prenais mon pain chaque jour, …

Toutes mes visions concernaient des événements heureux, parfois imprévus et, confiante en leur exactitude, je m’amusais à jouer une sorte de « Fée miracle ». Je prenais plaisir à lancer des remarques suggestives, ou à accélérer la découverte de l’événement en question. Je poussais le destin? Non, cette pensée ne m’a jamais effleuré l’esprit. Je ne faisais que hâter les choses, de quelques heures seulement, rien de bien méchant à mon sens.

Les mois suivants furent donc remplis de ces prémonitions et, pour une fois depuis plusieurs années, je me sentais heureuse. La joie qu’apportaient mes prémonitions aux autres, transcendait vers moi-même et me rendais joyeuse aussi. Je sentais pleinement une joie de vivre qui m’était, jusque-là presque inconnue. On aurait dit que je puisais mon bonheur de celui des autres et que je me réjouissais de voir tant de félicité m’entourer. A vrai dire, ayant vécu tant d’événements malheureux, beaucoup de tragédies soudaines, j’avais fini par perdre foie en tout, perdre espoir en la vie tout court. Par vivre, je ne faisais que respirer et manger dans l’attente de quelque chose. Quoi ? je ne saurais vous répondre … pourquoi attendre ? je n’avais pas d’espoir non plus en un futur meilleur, je ne savais pas quoi exactement j’attendais…. Ou peut-être étais-je résignée à attendre la fin ; la fin de l’attente, la fin de mes jours. Inconsciemment, puisque la vie m’a pris tant de choses, tant de personnes auxquelles je tenais, je m’obstinais à ne plus rien espérer, à ne pas me permettre d’être optimiste, à ne pas vivre mais seulement me contenter de survivre. Je me préparais perpétuellement à être fouettée par le destin, à n’importe quel moment, par n’importe quel moyen, de la part de n’importe quelle personne.

Même ma colocataire a remarqué le changement qui s’est opéré en moi. Bien sûr, elle ne savait rien de mes prémonitions de plus en plus fréquentes ; elle ne croit pas en ce genre d’histoire. Mais elle a discerné que je souriais plus, que j’étais plus encline à sortir et explorer de nouvelles choses, à « croquer la vie à pleines dents », alors qu’il n’y a que quelques mois à peine, je me confinais dans ma solitude plutôt que de tenter n’importe quelle autre activité.

Par un jour pluvieux, alors que ma colocataire et moi jouions aux cartes (oui, quoi d’autre à faire par un temps pareil ?), j’eus une autre prémonition : son fiancé, Amine, allait l’appeler au téléphone pour demander de nous rejoindre et passer la soirée chez nous. Il prend toujours la permission pour ce genre de choses, sachant que je suis plutôt « old school », donc je n’accepte pas facilement d’avoir un mec dans la maison et lui et ma colocataire considèrent toujours mes avis pour ne pas déranger. Laila allait refuser, prétextant qu’il était dangereux de conduire pendant cette tempête. Ensuite, elle allait passer toute la soirée à se morfondre sur sa décision … bref, elle était sur le point de gâcher la soirée …

La suite …. Partie 3 

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