Juin
15

2014

Prémonitions (7)



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Dès que mes yeux s’habituèrent à l’obscurité, je fus un mouvement pour essayer de me lever … et c’est là que j’aperçu une silhouette pas du tout familière : un homme était assis sur une chaise, bien en face de mon lit et était en train de boire tranquillement une tasse de café…..

L’odeur suggérait que c’était du café, je fus prise de soif tout à coup. J’essayais de m’asseoir sur mon lit pour mieux le voir mais je n’avais pas de force et mes efforts ne me firent que ressentir plus de douleurs. Quand il constata que j’étais finalement réveillée, il mit sa tasse sur la petite table devant lui et se leva. Il se dirigea vers moi et m’aida à m’asseoir confortablement, en rajustant mon oreiller pour que je n’aie plus mal au dos. Tout ceci, sans dire le moindre mot et ma gorge était si sèche que je ne pouvais même pas le remercier.

Il se rassit à sa place et retourna dans la dégustation de son café, j’en profitais pour mieux scruter ma chambre, boire un verre d’eau puis finalement oser poser les yeux sur cet homme inconnu.

Il portait une chemise noire et un pantalon noir aussi, un vrai « Man in black ». Il sirotait son café en y prenant plaisir, comme si c’était la chose la plus importante, comme si se retrouver au chevet d’une femme qui vient de sortir de coma était tout ce qu’il y avait de normal.

J’avoue, mes instincts furent longs à la détente, et le sentiment de danger ne s’est manifesté que quelques minutes après. Mais il fut plus vite remplacé par la curiosité : si cet homme voulait me faire du mal ou cambrioler l’appartement, il l’aurait fait pendant que j’étais inconsciente.  En plus, il m’avait aidé à me relever, et c’est ce qui me rendait encore plus curieuse. Par ailleurs, il semblait vraiment décontracté …

« Qui êtes-vous ? »

Il me sourit et pointa la tasse de café de son doigt. Clairement, il voulait que je patiente jusqu’à ce qu’il finisse d’abord. J’éclairais la chambre, la lumière brusque nous fit cligner des yeux tous les deux mais il continua sa tâche.

Quand ce fut chose faite, il se retourna et me sourit. Il avait un de ces sourires charmeurs et de petites rides se formaient aux contours de ses yeux. Ce fut pour la première fois que je pouvais donc voir clairement son visage et je décidais qu’il était beau, pas le genre d’acteurs que les filles adorent mais il avait un charme particulier, ses yeux, peut-être, étaient son principal atout.

Dès qu’il posa sa tasse, je reposais ma question.

«-  Bien curieuse à ce que je voix… et impatiente !

–    Il faut bien l’être quand je parle à un étranger qui est dans ma chambre ! »

Il ajusta sa chaise pour me faire face et me regarda droit dans les yeux. Brusquement, la peur commençait à m’envahir et mon cœur battait nerveusement… et si c’était l’un de ces tueurs en série, qui tuait froidement ses victimes et ne laissait derrière lui qu’une tasse de café ? Ma tête commença à me faire de plus en plus mal : il savait que j’étais faible et que je serais donc une victime facile qui ne résisterait pas !

La panique se traça clairement sur mon visage et je criais presque : « Laila ?? Où est-elle ?? Je vous jure que si vous lui faites du mal je vous…. »

Il éclata de rire bien avant que je finisse ma phrase : « Quoi ? Vous pensez que je vous veux du mal ? Moi ? » et il se remit à rire de plus belles.

Voilà, un psychopathe en plus…. J’espère qu’il n’a pas torturé mon amie avant de prendre son café… Sa chaise bloquait le chemin vers la porte, il ne me restait que la fenêtre. Je pouvais l’ouvrir vite fait et sauter par la suite. Je m’en sortirais avec des fractures mais le saut pouvait attirer l’attention des passants: mieux vaut un retour à l’hôpital qu’un aller express à la morgue ! Plan B : le frapper de toutes mes forces avec la lampe de chevet, sortir en courant vers la porte et demander de l’aide auprès de tous ceux que je retrouverais ensuite.

Il arrêta de rire quand il vit que j’envisageais sérieusement la fenêtre et que j’étais vraiment paniquée :

« Mademoiselle Sara, détendez-vous ! Je ne vous ferais aucun mal, je vous le promets ! Laila est dans le salon, en train de regarder une série à la télé… de temps en temps, elle viendra jeter un coup d’œil sur toi pour s’assurer que tout va bien. »

Ça ne suffit pas pour calmer mon angoisse, il se leva et se dirigea vers la porte. Il avait l’air contrarié, comme s’il devait faire quelque chose à contre cœur. J’avais entendu les mots « confiance » et « de quoi j’ai l’air »  ou était-ce mon imagination ? Mon cœur battait toujours violemment et j’essayais au moins de me mettre debout, en vain.

Quelques secondes après qu’il ait sorti sa tête de l’entrebâillement de la porte, Laila fit son apparition. Elle me sourit et accourut pour me serrer dans ses bras. Elle était vraiment heureuse de me voir réveillée. Pendant près de deux minutes, elle s’assit en face de moi en pleurant et en me souriant en même temps, elle me disait qu’elle était soulagée, qu’elle avait eu peur pour moi et je me retrouvais en train de la rassurer que tout allait bien et que, je l’espère sincèrement, tout allait redevenir comme avant.

Le jeune homme était resté à la porte, nous observait et son visage ne trahissait aucune émotion. Quand Laila éclata en sanglots pour la énième fois, il se racla la gorge, pour rappeler à la jeune fille qu’il était toujours dans la pièce et qu’il s’impatientait. Elle ne se le fit pas répéter, et me laissa avec mon « ami », selon ses mots.

« Rassurée Sara ? » dit-il en retrouvant sa chaise.

OK, c’était la deuxième fois qu’il m’appelait par mon prénom et je ne savais même pas qui il était !

La suite ….. Partie 8



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